Le bulletin arrive trop tard.
Deux fois par an, un bulletin dit ce qu'on a fait, jamais ce qu'on est en train de faire. Le jour où on le découvre, il est déjà trop tard pour changer quoi que ce soit. C'est cette évidence, presque banale, qui a lancé tout le projet.
Un bulletin qui ne raconte rien
Au gymnase, les résultats tombent deux fois par an. Entre les deux, le suivi repose sur la mémoire, un carnet, ou un tableur Excel bricolé. Et la moyenne finale ne distingue jamais celui qui stagne de celui qui progresse : un élève qui obtient deux 4 en anglais terminera le semestre avec exactement la même moyenne que celui qui a commencé à 2 et fini à 6.
Cette absence de retour intermédiaire n'est pas qu'un détail de confort. Elle prive les élèves d'un repère essentiel pour savoir où intensifier leurs efforts et transforme chaque bulletin en verdict, jamais en processus.
Un sondage avant la moindre ligne de code
Avant de dessiner quoi que ce soit, un sondage a été envoyé à plusieurs centaines d'élèves et d'enseignants. Les chiffres ont confirmé l'intuition :
Un exemple concret, tiré des réponses : un élève estimait sa moyenne à 4.5 avant de découvrir 3.8 sur son bulletin, un écart de 0.7 point qu'aucun outil ne lui avait signalé à temps.
Le second sondage change tout
Le projet, à l'origine, prévoyait que les enseignants saisissent eux-mêmes les notes : plus fiable, plus centralisé. Mais interroger le corps enseignant a révélé une opposition nette (64% contre) pour trois raisons qui reviennent sans cesse : la charge administrative supplémentaire, les risques liés à la confidentialité des données, et surtout la conviction qu'il faut responsabiliser les élèves.
Les enseignants saisissent, les élèves consultent.
Chaque élève saisit, annote et gère lui-même ses résultats.
Ce virage a changé la nature du projet : d'un simple tableau de bord, l'application est devenue un outil de métacognition, où l'acte de noter et de commenter sa propre performance devient un exercice d'auto-évaluation.
Pourquoi il n'y a aucun serveur
La première architecture envisagée reposait sur une base de données en ligne permettant la création de comptes utilisateurs et la synchronisation entre les appareils. Elle s'est malheureusement heurtée à un mur : héberger les résultats scolaires d'élèves impose des garanties de sécurité lourdes au regard du RGPD et de la LPD suisse, sans parler des coûts de serveur et de maintenance incompatibles avec un projet individuel.
La décision a donc été de tout faire tourner en local, sur l'appareil, via une base de données légère : Hive. Aucune inscription, aucune connexion Internet requise, aucune donnée qui quitte le téléphone. Une contrainte devenue un principe pour garantir la confidentialité des données de nos utilisateurs.
Ce qui reste à faire
L'application permet aujourd'hui de saisir des notes et des groupes de notes, de les commenter, les dater, et de voir sa moyenne pondérée se recalculer en temps réel, le tout en local, sans connexion à Internet. En plus de cela, MyNotes.vd permet l'export de ses données sous format PDF et leur réimport. Il reste encore beaucoup de fonctionnalités à ajouter pour améliorer l'expérience utilisateur, et nous comptons sur vous, utilisatrices et utilisateurs de MyNotes.vd, pour nous les suggérer. Mais la question de départ, elle, a déjà sa réponse : un élève n'a plus besoin d'attendre le bulletin pour savoir où il en est.